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sérénité

j'ai perdu les meilleurs photos à cause d'une fausse manipulation, un peu dégoutée YY

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Quelle douce impression d’avoir touché un sentiment de plénitude qui satisfait je ne sais quel besoin essentiel. Saisie d’une telle sérénité ces derniers temps, un sourire me fend le visage terriblement contagieux, je me sens si légère que j’ai l’impression que je pourrais quitter le sol d’un instant à l’autre. Une expérience d’absolu, vivre de l’instant, et sentir le passé ou le futur comme des illusions, une paix totale de l’esprit. Se sentir vivre, et savoir comme une évidence que je peux tout jouer, si je perds demain, je ne regretterai rien, j’aurais pris le vent.
Douce sensation de déambuler au hasard des rues de Dosso, regarder les aînés jouer aux dames traditionnelles avec des noix et des bouts de bâton, essayer les jus les plus étrange sur le marché, chercher du sel noir, se voir offrir une chaise ou l’on aura des bons fous rires complices avec les mamas, prendre un café avec les vétérinaires, et puis découvrir une bibliothèque, un lieu magique où l’on se sent si bien immédiatement entourée par quelques volumes extraordinaires qui promettent tant de nouveaux voyages des neiges du Kilimandjaro, aux saveurs de l’Afrique à travers les récits d’Hampanté ba. Hélas pas d’emprunts possibles jusqu’à la fin du mois d’août : ils sont en inventaire!
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« Chaque jour j’apprenais quelque chose sur la planète, sur le départ, sur les voyages. Ca venait tout doucement, au hasard des réflexions. C’est ainsi que le troisième jour, je connus le drame des baobabs.

Cette fois encore ce fut grâce au mouton, car brusquement le petit prince m’interrogeât comme pris d’un doute grave.
- « c’est bien vrai que les moutons mangent les arbustes?
- Oui c’est vrai.
- Ah je suis content! »

Je ne comprenais pas pourquoi il était si important que les moutons mangeassent les arbustes, mais le petit prince ajouta :

- « par conséquent, il mangent aussi les baobabs? »

Je fus remarquer au petit prince que les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grands comme des églises et que s’il emportait avec lui tout un troupeau d’éléphants, ce troupeau ne viendrait pas à bout d’un seul baobab. L’idée du troupeau d’éléphant fit rire le petit prince.

- « il faudrait les mettre les uns sur les autres »

Mais il remarqua avec sagesse :
- « les baobabs avant de grandir, ca commence par être petit
- C’est exact mais pourquoi veux tu que tes moutons mangent les petits baobabs? »

Il me répondit, « ben voyons » comme s’il s’agissait d’une évidence. Il me fallu un grand effort d’intelligence pour comprendre à moi seul ce problème. Et en effet sur la planète du petit prince, il y avait comme sur toutes les planètes de bonnes et de mauvaises herbes. Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secret de la terre jusqu’à ce qu’il prenne fantaisie à l’une d’elle de se réveiller. Alors elle s’étire et pousse d’abord timidement vers le soleil une ravissante petite brindille inoffensive.

S’il s’agit d’une brindille de radis ou de rosier on peut la laisser pousser comme elle veut. Mais s’il sagit d’une mauvaise plante, il faut arracher la plante aussitôt, dès qu’on a su la reconnaître. Or il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince… C’était des graines de baobab. Le sol de la planète en était infesté. Et un baobab si l’on s’y prend trop tard, on ne peut plus jamais s’en débarrasser. Il encombre toute la planète. Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, si les baobabs sont trop nombreux il la font éclater.

- « c’est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince, quand on a terminé sa toilette, le matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s’astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu’on les distingue d’avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont jeunes. C’est un travail très ennuyeux mais très facile »

Et un jour il me conseille de m’appliquer à réussir un beau dessin pour faire entrer cela dans la tête des enfants de chez moi.
- « s’ils voient cela un jour cela pourra leur servir. Il est quelques fois sans inconvénients de remettre à plus tard son travail, mais s’il s’agit des baobabs, c’est toujours une catastrophe! J’ai connu une planète habitée par un paresseux, il avait négligé 3 arbustes… »

Et sur les indications du petit prince j’ai dessiné cette planète là. Je n’aime guère prendre le ton d’un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu et els risques courus par celui qui s’égarerait dans un astéroïde sont si considérables que pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis « enfants faites attention aux baobabs! ». C’est pour avertir mes amis d’un danger qu’ils frolaient depuis longtemps, comme moi-même sans le connaître, que j’ai tant travaillé ce dessin là. La lecon que je donnais en valait la peine. Vous vous demanderez peut être pourquoi n’y a-t-il pas dans ce livre d’autres dessins si grandioses que ceux des baobabs. La réponse est bien simple : j’ai essayé mais je n’ai pas pu réussir, quand j’ai dessiné les baobabs, j’étais animé par le sentiment d’urgence. »

Antoine de Saint Exupéry, Le Petit Prince

Posted by hanso 14:45 Archived in Niger

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